En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés. Mentions légales.
 
 
 
 

Qui sommes nous ?

Notre groupe associe des hommes et des femmes qui oeuvrent à partir des valeurs et des méthodes libertaires en faveur d'une société autogestionnaire et fédéraliste libertaire, débarrassée du capitalisme et des autoritarismes, et qui tende vers l'abolition des dominations sociales, économiques, sexuelles, raciales... Nous accueillons les personnes aux recherches semblables aux nôtres. Nous nous investissons dans des mouvements et des groupements compatibles avec nos objectifs. Nous réalisons souvent des évènements publics autour d'un livre, d'un sujet d'actualité.

Pour nous rejoindre, allez à "Nous écrire par courriel" ou cliquez ici.

Dossiers à thèmes

 ↑  

Expressions

 ↑  

Recherche

Recherche

Visites

 561212 visiteurs

 3 visiteurs en ligne

Le parti du peuple en marche ?

Publié dans le Monde libertaire du 16 mai 2013

 

Analyses

Le parti du peuple en marche ?

 

Voici plusieurs mois déjà que le Front de gauche, emmené par le tribun Jean Luc Mélenchon, occupe une partie du devant de la scène politique. La manifestation parisienne du 5 mai a été l'occasion d'une nouvelle démonstration. Revenons sur cette force que l'on dit montante.

 

Nous savons que périodiquement, la gauche française recherche un nouveau leader plus ou moins charismatique pour faire la nique au PS. Tour à tour, A. Laguiller (LO) puis O. Besancenot du NPA furent ces nouveaux visages médiatiques; plus ou moins soumis à un ordre électoral et communicationnel, ils incarnaient -pour un temps- l'espoir d'un vent de révolution. C'est pourtant des rangs du PS que vient le nouveau leader d'un électorat en mal de perspectives politiques. La première réussite de JL Mélenchon fut d'agréger diverses organisations au sein d'un front de gauche, dont le PCF. Ce front de gauche, très inspiré par des expériences similaires en Europe (Syriza en Grèce, Die Linke en Allemagne...), réunit donc des associations politiques et organisations parfois sur le déclin, des réseaux et des groupements nés de récentes scissions, en mal d'ancrage et de moyens. Aujourd'hui, certains de ces partenaires s'efforcent même de manoeuvrer pour désserrer l'étau constitué par le PCF et le Parti de gauche et tenter d'exister dans cette cohabitation.

 

Des mots, des idées

 

Sur le plan politique, le FdG s'inspire beaucoup des mouvements sociaux mondiaux; dernier exemple en date, vouloir calquer les modèles de mobilisations espagnoles des "marées" pour la France. Evidemment, les charismatiques Evo Morales et Chavez sont des figures de proue de cette rénovation d'une certaine gauche française. S'adressant aux déclassés, à partir d'une inspiration qui fait appel à Robespierre, Jaurès ou Guevara, c'est l'image du travailleur qui est surtout convoquée pour galvaniser les nostalgiques d'une gauche puissante. Dans les meetings, les chants entonnés, de la Marseillaise à l'Internationale, balaient un spectre qui invoquent ainsi l'esprit de la patrie républicaine en danger ou celui de 1917. Les références à la "nation", à Marianne, à "la France belle et rebelle", à la "patrie républicaine", à l'exemplarité universelle de ce mouvement qui se met en marche... mêlent ainsi des valeurs et des conceptions qui peuvent toucher largement un électorat nostalgique d'une France jacobine des Droits de l'homme, des mythes d'un peuple émancipateur, et qui rêve encore au plein emploi.

 

On ne peut pas nier que contester la prédominance du FN sur son propre terrain est ambitieux, mais on se demande où veut en venir Mélenchon quand il explique qu'il faut défendre les travailleurs menacés comme s'ils étaient les membres d'une même famille, lorsqu'il réaffirme toujours et encore qu'avec lui, c'est le "peuple" qui est en marche, et qu'il prend pour cible les chinois et autres qataris -investisseurs achetant le patrimoine français- . Ce tribun affirmait récemment que l'usage des mots choisis pour ses déclarations étaient très réfléchis avec son équipe de campagne. Dont acte.

 

Il n'y a aucune mauvaise foi à écrire ici que si le FdG rejette des institutions européennes et les fonctionnements de la Ve République, il assume déjà le fait d'avoir des députés et sénateurs à Paris comme à Strasbourg. Quant au Parti socialiste, la manoeuvre étant de rééquilibrer le rapport de force, le secrétaire du FdG, François Delapierre, n'écarte pas de participer à un gouvernement avec des socialistes (entendu sur France Info le 6 mai). Quant aux incantatoires appels à "l'insurrection citoyenne", que penser quand Mélenchon déclare (France Inter le 6 mai): "Je suis un démocrate, je crois aux élections, je crois à l'articulation entre mouvement social et mouvement électoral, tous les gens normaux sont comme çà". Une insurrection qui finirait donc dans les urnes ?

 

Cette conception toute partidaire de la contestation sociale qui doit trouver son débouché dans les urnes n'est pas bien originale; elle est surtout un bel accroc à la notion d'indépendance des mouvements sociaux, chère aux libertaires, entre autres. La vision de banderoles de syndicats (CGT) lors de la manifestation du 5 mai est une belle démonstration d'une conception décalée de l'indépendance syndicale. Toute l'Europe des nouvelles contestations sociales réfléchit au dépassement du capitalisme et de la dépendance au vieux système des partis, le FdG, lui, cherche à canaliser électoralement les colères légitimes de ceux qui souffrent du capitalisme. 

 

Une stratégie en trompe-l'oeil

 

Dès lors, la journée du 5 mai 2013 s'est inscrite tout naturellement dans la stratégie de conquête d'un pouvoir confisqué depuis des décennies par le PS. Celui-ci avait mis au ban des pestiférés le Parti Communiste d'alors, en lui volant électoralement les millions de sympathisant.e.s qui votaient pour ses candidat.e.s. Mélenchon essaye donc de faire retrouver le lustre d'antan d'une organisation dans laquelle les marxistes-léninistes sont toujours influents. Et qui ne voient pas d'un bon oeil le second rôle que veut faire jouer au PCF le leader du Parti de Gauche (PG). Mais les différentes étapes imposées par le PG vont dans leur sens. En effet, les prolongements proposés du 18 mai avec la Marche des femmes contre l'austérité et le week-end des 1er et 2 juin avec des manifestations régionales sont dans la même veine : occuper la rue, sur des revendications économiques, pour permettre aux colères de s'exprimer dans un cadre prédéfini. N'oublions pas que l'année prochaine, il y aura les élections municipales et les européennes. Dès lors, la revendication par le FdG d'une 6ème République va paraître bien futile au regard des futures élections qui vont déterminer les rapports de force à l'intérieur de la gauche. Le PS ne s'y trompe pas. La situation économique ne joue pas en sa faveur et ses secrétaires fédéraux sont déjà dans une minimisation des résultats à venir. 

Mais revenons à cette 6ème République qui serait celle qui redonnerait « le pouvoir au peuple ». La date du 5 mai n’a pas été prise au hasard. Elle correspond historiquement à l’ouverture des États généraux en 1789, qui furent les deniers de l’Ancien régime et préfigurent la Révolution française quelques mois plus tard, puisque face à la grogne de la bourgeoisie, une Assemblée constituante va être mise en place et va se substituer à la monarchie.

La Constituante permet à une société de définir les différents organes politique, judiciaire…

Durant les élections présidentielles, le Front de gauche appelait déjà, s’il venait au Pouvoir, à changer la Constitution de 58. Les arguments tenus par les responsables du FdG sur la nécessaire évolution de cette Constitution, du fait des changements notoires à la fois dans nos vies quotidiennes, dans l‘évolution des mœurs, du changement des catégories socio-professionnelles, paraissent recevables au regard de la population que nous sommes devenue en 50 ans. Mais peut-on croire réellement qu’en changeant les règles du jeu démocratique de l’État, on changera le fait que certain.es sont attiré.e.s par le Pouvoir ?  Et qu’est-ce qui réellement va changer dans les modes de décision ?

N’oublions pas que l’État met tout en place pour préserver sa reproduction. Le déterminisme social fait que les classes dirigeantes sont pour la plupart issues d’écoles d’élites. Rares sont ceux et celles qui ont eu une ascension sociale et accepté.e.s comme tel.le.s par leurs pairs. Dès lors, en quoi une 6èmeRépublique serait-elle plus avenante pour les libertaires ? Pourtant, certaines propositions sont alléchantes : le référendum révocatoire par exemple, qui semble être proche de ce que nous appelons la révocabilité des élu.e.s. Mais le continuum est là. À aucun moment, le capitalisme n’est remis en cause. Ce n’est que le monde de la finance qui est montré du doigt !

Or l’affaire Cahuzac a permis de montrer cette connivence entre les oligarchies économique et politique. Celle qui se gave grâce aux intérêts de la dette de l’État, et par-là même dicte ses conditions au niveau économique et social à toute la société française, et européenne.

Pourtant cette notion de République, les anarchistes peuvent la faire leur. Le « res publica », la chose publique, nous l’avons toujours mise en avant dans nos expériences autogestionnaires.

Ce que nous ne pouvons pas prendre à notre compte, c’est l’État. Celui qui crée cette oligarchie. Qui nous dit que ceux qui veulent la disparition de l’ancienne ne vont pas en créer une nouvelle ? Cette élite partidaire que l’on retrouve au sein du Parti de Gauche, du Front de gauche, semble être dans cette logique.

Ce n’est pas d’un ravalement de façade dont nous avons besoin, c’est d’une véritable démocratie directe dans les entreprises et les quartiers, au niveau local, puis régional et national. Mais il nous appartient de la construire dans les faits.

 

Daniel (groupe Gard Vaucluse) et Jérôme (Liaison Villeurbanne)

 


Date de création : 23/05/2013 @ 18:54
Catégorie : - 7. Politique
Page lue 17771 fois


Réactions à cet article


Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !


Dernière nouvelle

Motion sur l'antisémitisme


Les chiffres des actes antisémites commis en 2018, et révélés par le ministère de l’Intérieur sont effarants. En un an, les actes recensés sont passés de 311 (en 2017) à 541, soit un bond de 74 %. Pour autant, pour nous anarchistes, il ne s’agit pas d’une « résurgence de l’antisémitisme », parce que celui-ci a toujours été présent au cours de l’histoire et se répand de manière exponentielle aujourd’hui, notamment avec les réseaux sociaux.
L’antisémitisme, visant les Juifs, ou supposés tels, en tant que groupe religieux, ethnique ou racial, n’est pas le seul apanage d’une droite extrême ou se voulant "traditionnelle " ou "nationaliste". Il réapparaît plus fort à chaque crispation identitaire.
De tous temps, de nombreux prétextes ont été utilisés pour justifier l’antisémitisme. Mais l’antisémitisme, en tant qu’une des formes politiques du racisme, culmine lors de la Conférence nazie de Wansee, pour définir les modalités administrative, technique et économique, de la "solution finale de la question juive ". L’antisémitisme a également ciblé les Juifs par les purges staliniennes, comme lors du « complot des blouses blanches ».
Après la Seconde guerre mondiale et l’extermination des Juifs, la plupart des militant·es juifs et juives ayant disparu, s'en est donc suivi un silence lourd de conséquence sur la Shoah, y compris dans les rangs des militant·es anarchistes. Est-ce dû au fait que la Shoah nous questionne profondément en tant qu’êtres humains ?
Toujours est-il que, non seulement l’extrême-droite, mais aussi des éléments issus de l’extrême gauche ont commencé à développer des propos et des positions révisionnistes voire négationnistes sur l’existence même du massacre des Juifs… alors qu’il est aujourd’hui acquis par les historien·nes qu’entre 5,5 et 6,5 millions d’entre eux ont disparu durant ce génocide. L’antisionisme est une autre question. Il est donc important de mobiliser toutes nos forces pour combattre tous propos ou actes antisémites et de bien les dissocier de l’antisionisme. L’ignorance de ces faits alimente le négationnisme et le révisionnisme.
Les anarchistes ne traitent pas le nationalisme de l’Etat israélien autrement que n'importe quel nationalisme. L’Etat d’Israël est pour nous un Etat parmi tant d’autres, qui développe aujourd'hui une politique raciste, colonialiste et sous pression religieuse.
Nous continuerons à soutenir les Anarchistes contre le mur en Israël, tout comme les objecteurs·trices israélien·nes, de même nous soutenons la lutte de la population palestinienne opprimée, et ce parce que directement au coeur des combats pour la liberté de chacun·e.
Car nous avons bien conscience que la création de l’Etat israélien confirme la thèse anarchiste que la création d’un Etat ne peut se faire que dans la violence. Nous avons cependant également conscience que, se dire anti-impérialiste ne suffit pas à se prémunir contre l’antisémitisme.
Aussi, en tant qu’anarchistes contre toutes les formes de discriminations et d’oppressions, nous continuerons à lutter contre l’antisémitisme, et à combattre toutes les formes de racisme, notamment à l’encontre des migrant·es, des réfugié·es et des exilé·es, activement dans la rue, mais aussi en renforçant nos moyens de diffusion (le Monde libertaire, Radio libertaire, Editions du Monde libertaire, tracts, conférences, cycles de formation, etc.) par des argumentaires et des recherches historiques.
Le racisme et l’antisémitisme sont des armes de ceux et celles qui cherchent à diviser pour dominer. Nous les combattrons pied à pied.
Fédération anarchiste 78ème Congrès (Amiens juin 2019)


Antimilitarisme en 2019

Motion sur le Service national universel Fédération anarchiste 78éme Congrès (Amiens juin 2019)

NON, le Service national universel ne passera pas!

Dès leur origine, les États se sont construits sur la constitution de forces armées, l'encadrement de leur population et le pillage des peuples environnants.Depuis 1995, les armées françaises ont été engagées dans 106 OPEX (Opérations extérieures) telles«Serval» au Mali et «Barkhane» au Sahel. Mais il y a aussi les «ennemis de l'intérieur», et les OPINT (Opérations intérieures) habituent les populations à côtoyer régulièrement des soldats armés, par exemple avec «Vigipirate» et «Sentinelle». La «fabrique du consentement» de l'État commence par le lavage des jeunes cerveaux: «La culture dedéfense et de sécurité nationale est inscrite dans le socle commun de connaissances et de compétences que les élèves doivent acquérir pendant leur scolarité à l'école, au collège et au lycée», Ministère de l'Éducation nationale, 2015.En 2018, Macron promet «un service national de durée courte, obligatoire et universel encadré par les armées et la Gendarmerie nationale» et nomme un groupe de travail présidé par le général Menaouine, avec pour objectif d'«inculquer aux jeunes la discipline, l'autorité, les priorités stratégiques de la France»,ajoutant que «ce service national servira en cas de crise à disposer d'un réservoir complémentaire de laGarde nationale». Pour rappel, le SNU ou semblant de SNU était proposé par tout l’échiquier politique aux dernières présidentielles. Dès juin 2019, 3000 filles et garçons «volontaires» de 13 départements «pilotes», âgé de 15 à 16 ans sont destinés à être incorporés pendant 1 mois, dont 15 jours encasernés en uniforme, réveillés à 6 H30 avec lever des couleurs et hymne national. Les 180 «encadrants» ont été formés à l'École militaire de Saint-Cyr Coëtquidan.Une deuxième «fournée» de 40000 jeunes est prévue en 2020, avec la perspective d'obliger toute une classe d'âge (800000 adolescents) à suivre 2 séjours de 15 jours autour de 16 ans.Il est également précisé que, jusqu'à 25 ans, «s'il le souhaite, l'appelé pourra poursuivre son engagement en devenant cadet de la Sécurité civile, volontaire dans les Armées, les associations...». Pour une période de 3à 12 mois: endoctriné.e.s pour devenir une main d'œuvre docile, bon marché, sans droits sociaux, ils et elles seraient ainsi préparés à la précarité et d'autre part, l'armée y gagnerait de nouvelles recrues.Depuis Georges Darien envoyé à Biribi pour insoumission, le groupe «Anarchisme et Non-violence»s'opposant à la guerre d'Algérie, Louis Lecoin en grève de la faim pour le droit à l'objection de conscience,les anarchistes se sont toujours battus contre la militarisation des corps et des esprits, symbolisée par les 5 protocoles «Défense – Éducation nationale», depuis les deux premiers, Hernu-Savary en 1982 et Chevènement-Jospin en 1989.C'est dans la continuité de ces luttes que la Fédération anarchiste combat l'importante aggravation que représente le Service national universel.Par l'information auprès des jeunes et des parents, par diverses actions décentralisées, en lien avec associations et syndicats refusant cette vaste entreprise d’embrigadement nationaliste et patriotique, la Fédération anarchiste fera tout pour enterrer le SNU.

Fédération anarchiste


Monde Libertaire juin 2019

ML_1807.jpg

On vous recommande...

L'école du chat noir sur Youtube

Ecole_du_chat_noir.JPG

Solidaires

Nous écrire par courriel

fa.30.84(cool)gmail.com
 ↑