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Nouvelles

Savoir se situer - le 27/10/2014 @ 23:02 par WebNoMaster

Article paru dans le Monde libertaire du 16 octobre 2014

Manif pour tous et néo-réacs

Savoir se situer

En amont des manifestations du 5 octobre des partisans de la "Manif pour tous", un évènement préparatoire est passé relativement inaperçu. Il s'agissait de la deuxième université d'été de ce mouvement, qui a eu lieu à Palavas (Hérault) du 12 au 14 septembre. Sous la houlette de leur présidente Ludivine Dutheil de la Rochère, 300 hommes et femmes avaient fait le déplacement. Cette rencontre devait aborder les aspects liés aux mobilisations à venir, tant que sur le fond que sur la forme. Des ateliers (« gestion de projet » ou « relations presse et media training ») étaient proposés afin d'optimiser la présence des militant-e-s sur le terrain. D'autres ateliers abordaient le contenu idéologique de leur mouvement : « Proposer un nouveau féminisme « , « Nos limites / No limit : vers une écologie intégrale ? « , ou encore « Le gender contre les normes « .

Etant donné qu'aucun envoyé spécial du Monde libertaire ne voulait se libérer pour assister à ces journées, c'est à la lecture des rares supports de presse ayant relaté l'évènement (1) que nous allons nous fier. Le blog du Nouvel observateur et un journaliste du quotidien régional Midi Libre ont ainsi pu décrire ce qu'ils avaient constaté. Les discours servis par les intervenant-e-s sont fréquemment batis sur des exagérations béantes, des arguments pris à leurs opposants et caricaturés ou déformés pour les rendre plus anxiogènes. Les interprétations et la subjectivité sont fréquemment utilisées pour mieux dénaturer le débat, pour le plus grand plaisir de ce public venu de toute la France. (2)

Bien plus inquiétants sont les tonalités des débats abordés et particulièrement les références qui sont parfois brandies. S'il ne fait pas de doutes qu'un moralisme chrétien affleure dans les arguments servis aux militant-e-s, il faut relever aussi que des discussions s'engagèrent dont les accents devraient nous interpeller. Ainsi, la critique du libéralisme, de l'argent roi et des technologies est-elle faite pour tenter de déborder des frontières sociologiques et politiques de ce mouvement. Elle s'accompagne d'une appropriation d'un vocabulaire parfois utilisé chez les progressistes, voire chez les libertaires : « Nous disons non à la marchandisation du vivant » par exemple. Parmi les références philosophiques brandies au cours du week-end par les leaders de ce mouvement, on trouve Jean-Claude Michéa (pour sa critique du progressisme) ou bien Jacques Ellul, deux penseurs pourtant ancrés dans la pensée progressiste radicale ou chez les anarchistes.

Toutes les critiques ne se valent pas

Les processus à l'oeuvre aujourd'hui à l'extrême droite doivent nous interpeller. Dans les différentes sensibilités qui s'expriment de nos jours, on trouve des pratiques communes comme le « brouillage idéologique » qui a recours à des références ou des appropriations langagières ou historiques qui empruntent fréquemment à différentes traditions politiques, anarchisme compris. Ce qui concourt à embrouiller les débats et à rendre difficile le positionnement de tout un chacun sur des questions tant éthiques que stratégiques. Au final, cette stratégie entend amener une légitimation des concepts proposés au moyen de références anciennes et plurielles, et de retournements de concepts. Cette situation amène nécessairement des réponses de notre part.

Aujourd'hui, la circulation des idées et des sentiments nationalistes, anti-féministes, homophobes, néo-conservateurs... prend de la consistance. A moins de conforter les stratégies des nouveaux réacs dans leur sédimentation idéologique, il nous appartient de bien réfléchir à formuler des critiques politiques ou des mots d'ordre clairs, inaliénables par eux, qui sont si prompts à recycler ce qui conforte leurs discours. Les questions de l'écologie ou de la critique du productivisme, des nouvelles technologies aliénantes ou du néo-libéralisme font l'objet d'une stratégie en forme de hold-up de la part des idéologues réactionnaires, et de leurs mouvements. Ainsi, développer une critique du néo-libéralisme sans préciser les finalités radicalement émancipatrices de notre opposition à cette nouvelle étape (dernière?) du capitalisme, devient une faute. Nous ne devons jamais hurler avec les loups, puisque nous serons parmi les prochaines victimes de leur appétit carnassier.

Le prix à payer pour nous va être d'exiger un effort important dans le mouvement anarchiste pour réenclencher un examen de ses ressources et de ses aspirations, en les adaptant à la conjoncture politique et sociétale en cours. Notre objectif est une société qui tende à s'émanciper des aliénations qu'elles soient sociétales ou sociales, et sur ce long chemin, il n'y a pas de place pour la complaisance à l'égard des conceptions nationalistes, familiaristes, homophobes, ou naturalistes.

Daniel (Groupe Gard Vaucluse)

Notes

1 – La presse n'était pas la bienvenue dans les ateliers et débats.

2 – Ces mécanismes trompeurs sont décryptés précisément dans «  Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard », (éd. Textuel), par Ph. Corcuff et dans « Vers l'extrême » de Luc Boltanski et Arnaud Esquerre (éd. Dehors)


Copinage

Les 29 et 30 novembre 2014, à Nimes (13 rue Dhuoda) se tiendra "Horizons, la féria du livre de la critique sociale et des émancipations".

Plus de trente éditeurs indépendants seront présents pour présenter leur production. En parallèle, des rencontres avec des auteurs qui font l'actualité seront organisées. Programme à consulter sur le blog et la page Facebook de l'Association nimoise "La coopérative des livres et des idées".


Copinage: Jean Pierre Levaray à Nimes - le 23/09/2014 @ 16:02 par WebNoMaster

A l'occasion de la venue de l'ouvrier-écrivain Jean-Pierre Levaray, le mardi 7 octobre à Nimes, « Horizons » se présentera à la presse

Jean-Pierre Levaray est ouvrier depuis 40 ans dans l’industrie chimique près de Rouen. Il fut animateur du fanzine rock « On a faim » et éditeur de disques rock puis animateur de la librairie de Rouen « L'insoumise ». Ses nuits blanches, il les a d’abord utilisé à décrire le lot quotidien de ses collègues de travail. Son œuvre compte une quinzaine d'ouvrages. Dès 2002, son livre « Putain d’usine » fera l’objet d’un retentissement certain. Un film en sera tiré et en 2014, une réédition de la BD éponyme montrent que ces lignes écrites par un sans-grade du monde du travail frappent fort et juste, aujourd’hui encore. Dans ce livre, le travailleur de l’industrie chimique, syndicaliste, nous éclaire sur ce que vivent et expriment ses collègues de travail : résignation et tristesse d’un environnement industriel et dangereux, mais aussi la joie et la délivrance du rythme quotidien lorsque des conflits sociaux éclatent ou que des apéros s’organisent furtivement, à l’insu de la hiérarchie.

Dans le sillage de la catastrophe AZF à Toulouse qui a lieu dans une usine très semblable à celle où il travaille, Jean-Pierre Levaray continue à publier : « Après la catastrophe » en 2002, « Des nuits en bleu » en 2006, « Tue ton patron » en 2010, « C’est quoi ce travail ? » en 2012… qui sont quelques-uns de ces jalons littéraires que l’ouvrier-écrivain nous confie sur son monde, celui de l’usine et de ceux qui y vivent, malgré tout.

Invité par l’association « La coopérative des livres et des idées » , l’écrivain sera présent à la Librairie Diderot (2 rue E. Jamais à Nimes) le mardi 7 octobre de 17h00 à 18h00 où il signera ses livres et présentera son dernier travail : «  Quatre mares », consacré aux cheminots.

Nous le retrouverons ensuite au Centre culturel P. Néruda de Nimes (1 place Hubert Rouger) à 19h30 précises où il abordera ses réalisations et ses projets d’écrivain et répondra aux questions du public. (entrée libre).

A cette occasion, l'association « La coopérative des livres et des idées «  dévoilera les grandes lignes de la première édition de la manifestation prévue les 29 et 30 novembre 2014 à Nimes : « Horizons, la féria du livre de la critique sociale et des émancipations ».


Nouvelle 1

Motion sur l'antisémitisme


Les chiffres des actes antisémites commis en 2018, et révélés par le ministère de l’Intérieur sont effarants. En un an, les actes recensés sont passés de 311 (en 2017) à 541, soit un bond de 74 %. Pour autant, pour nous anarchistes, il ne s’agit pas d’une « résurgence de l’antisémitisme », parce que celui-ci a toujours été présent au cours de l’histoire et se répand de manière exponentielle aujourd’hui, notamment avec les réseaux sociaux.
L’antisémitisme, visant les Juifs, ou supposés tels, en tant que groupe religieux, ethnique ou racial, n’est pas le seul apanage d’une droite extrême ou se voulant "traditionnelle " ou "nationaliste". Il réapparaît plus fort à chaque crispation identitaire.
De tous temps, de nombreux prétextes ont été utilisés pour justifier l’antisémitisme. Mais l’antisémitisme, en tant qu’une des formes politiques du racisme, culmine lors de la Conférence nazie de Wansee, pour définir les modalités administrative, technique et économique, de la "solution finale de la question juive ". L’antisémitisme a également ciblé les Juifs par les purges staliniennes, comme lors du « complot des blouses blanches ».
Après la Seconde guerre mondiale et l’extermination des Juifs, la plupart des militant·es juifs et juives ayant disparu, s'en est donc suivi un silence lourd de conséquence sur la Shoah, y compris dans les rangs des militant·es anarchistes. Est-ce dû au fait que la Shoah nous questionne profondément en tant qu’êtres humains ?
Toujours est-il que, non seulement l’extrême-droite, mais aussi des éléments issus de l’extrême gauche ont commencé à développer des propos et des positions révisionnistes voire négationnistes sur l’existence même du massacre des Juifs… alors qu’il est aujourd’hui acquis par les historien·nes qu’entre 5,5 et 6,5 millions d’entre eux ont disparu durant ce génocide. L’antisionisme est une autre question. Il est donc important de mobiliser toutes nos forces pour combattre tous propos ou actes antisémites et de bien les dissocier de l’antisionisme. L’ignorance de ces faits alimente le négationnisme et le révisionnisme.
Les anarchistes ne traitent pas le nationalisme de l’Etat israélien autrement que n'importe quel nationalisme. L’Etat d’Israël est pour nous un Etat parmi tant d’autres, qui développe aujourd'hui une politique raciste, colonialiste et sous pression religieuse.
Nous continuerons à soutenir les Anarchistes contre le mur en Israël, tout comme les objecteurs·trices israélien·nes, de même nous soutenons la lutte de la population palestinienne opprimée, et ce parce que directement au coeur des combats pour la liberté de chacun·e.
Car nous avons bien conscience que la création de l’Etat israélien confirme la thèse anarchiste que la création d’un Etat ne peut se faire que dans la violence. Nous avons cependant également conscience que, se dire anti-impérialiste ne suffit pas à se prémunir contre l’antisémitisme.
Aussi, en tant qu’anarchistes contre toutes les formes de discriminations et d’oppressions, nous continuerons à lutter contre l’antisémitisme, et à combattre toutes les formes de racisme, notamment à l’encontre des migrant·es, des réfugié·es et des exilé·es, activement dans la rue, mais aussi en renforçant nos moyens de diffusion (le Monde libertaire, Radio libertaire, Editions du Monde libertaire, tracts, conférences, cycles de formation, etc.) par des argumentaires et des recherches historiques.
Le racisme et l’antisémitisme sont des armes de ceux et celles qui cherchent à diviser pour dominer. Nous les combattrons pied à pied.


Fédération anarchiste 78ème Congrès (Amiens juin 2019)

Nouvelle 2

Lettre au préfet du Gard: Relogez ! régularisez !

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