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Loczy ou le maternage insolite

Publié par le Monde libertaire hors série « éducation » de janvier 2013

 

LOCZY OU LE MATERNAGE INSOLITE

 

Les pratiques éducatives à la pouponnière Loczy peuvent inspirer les personnes en recherche d' un rapport différent entre adultes et enfants. A Loczy, on ne défend pas ouvertement une égalité dans la relation entre l'adulte et l'enfant. Pourtant, on y constate l'absence de domination de l'un sur l'autre, et une forme d'éducation pensée pour éviter de blesser, humilier, dévaloriser, faire plier l'enfant.

 

C'est Emmi Pikler, une pédiatre hongroise qui, dans les années 50, a créé cette pouponnière. Sa volonté alors n'était pas de fabriquer des révolutionnaires. C'était de permettre à des bébés, dont le début de vie a été marqué par des événements traumatiques, (abandon, maltraitance..) de continuer à se développer et à se construire en tant que personnes. Elle souhaitait promouvoir une autre vision du bébé considéré comme une personne capable d'initiatives, bien que dépendant de l'adulte. Elle désirait également développer une pratique éducative originale basée sur la liberté d'action laissée à de tous jeunes enfants.

Emmi Pikler a révolutionné les rapports adultes, bébés. Loczy devient au fil des années un centre de recherches sur l'éducation de touts petits en collectivité, qui rayonne aujourd'hui dans le monde entier et influence la pédagogie des structures d'accueil des jeunes enfants type crèche, pouponnières...

 

La non directivité et la liberté de mouvement et d'expression

Emmi Pikler pensait que tout petit déjà, on pouvait orienter l'éducation d'un enfant de façon à en faire un adulte autonome, responsable qui sait se positionner sur ce qu'il vit, et non une personne corvéable à merci, manipulable, qui n'a d'avis sur rien.

Elle met en pratique à Loczy des principes de non directivité dans l'éducation des touts petits, qui remettent entièrement en question la position de l'adulte éducateur qui amuse, manipule le bébé au gré de ses fantaisies sous prétexte de satisfaire ses besoins, et du bébé, marionnette, passif aux mains de l'adulte. A Loczy, le bébé est libre de ses mouvements dans toutes les situations même au cours des soins durant lesquels l'adulte lui laisse la possibilité de prendre des initiatives, et attend de lui une coopération active. Elle part du principe que même s'il ne parle pas, il a une parole qu'un adulte attentif doit percevoir et respecter. Le bébé bien que dépendant des soins que lui prodigue l'adulte, devient acteur dans une relation humanisante, respectueuse de sa personne.

Elle met en avant « l'activité autonome » de l'enfant. Elle montre que si l'adulte tient compte de ses réactions, ses manifestations et le laisse participer activement lors des soins quotidiens (change, repas, le bain, l'habillage), le bébé peut en dehors de ces soins vaquer à ses occupations de façon autonome sans intervention de l'adulte. Pour elle, la non directivité de l'adulte et l'activité autonome du bébé lui permettrait de faire l'expérience de ses propres limites, avoir une meilleure connaissance de lui même et faire preuve de créativité pour influencer le monde qui l'entoure . Dans le film « Loczy ou une maison pour grandir » (1), les témoignages des adultes qui ont passé leur premières années de vie à Loczy sont surprenants par le recul dont ils font preuve par rapport à leur vie, leur réussites, leur échecs, leur choix et par la confiance qu'ils ont en eux.

Le bébé qui vient de naître, laissé dans son lit, fait preuve alors d'une activité intense et dévoile progressivement ses compétences sans avoir besoin de l'adulte. Plus tard lorsqu'il sait se saisir des objets, il sera installé sur le dos par terre et pourra se mouvoir librement à son rythme, et en grandissant, changer de position, se déplacer, se mettre debout. L'adulte est alors présent pour l'aider à y parvenir seul en créant les conditions nécessaires pour cela. Le bébé est entouré de matériaux simples qui deviennent par la créativité de l'enfant de multiples occasions de jeux et d'éveil : bassines en plastique, anneaux de rideaux, morceaux de tissus, balles... qui sont proposés par l'adulte en fonction des goûts, des intérêts et des possibilités de chaque enfant. Il n'y a pas de jouets à effets sonores ou visuels souvent à piles comme dans nos crèches et dans nos magasins de jouets. Ils stimulent inutilement les sens de l'enfant, le mettent dans une situation passive et hypnotique, qui peut jouer par la suite un rôle important dans son engouement pour la télé. En plus de cela ces jeux ont une durée de vie limitée, au plus grand bonheur de notre société de consommation.

A Loczy, le rôle de l'adulte est celui d'une personne bienveillante qui laisse l'enfant aller à son propre rythme,ne hâte pas son développement, et n'intervient pas directement dans son activité.

 

Une confiance et un respect du rythme de chacun dans les apprentissages

Les conceptions locziennes de l'éducation du tout petit sont en rupture avec les pratiques éducatives courantes, qui tendent souvent vers du dressage. Dans nos sociétés, les enfants doivent se montrer très tôt compétitifs et productifs. Et même si depuis la moitié du 20 ème siècle l'on n'emmaillote plus le bébé, les adultes le mettent souvent dans des positions qu'il ne maîtrise pas et où il se trouve en difficulté pour agir. On veut sans cesse hâter son développement. Il doit vite apprendre à s'asseoir, se mettre debout, à marcher plus tôt que son voisin. Dés son plus jeune âge, que ce soit à la maison ou dans les structures d'accueil, on lui propose une multitude d'activités d'éveil sensées développer chez lui telle ou telle compétence ou qui consiste souvent en la fabrication d'un objet : une étoile en pâte à sel pour Noël, un dessin pour maman... qu'il n'a souvent pas la possibilité de refuser car il veut faire plaisir à l'adulte. L'enfant sent que c'est important pour ce dernier et se conforme à ses attentes.

A Loczy, on est également loin de la méfiance que l'on entretient à l'égard de nos enfants tout jeune. La relation adulte enfant est basée sur la confiance de l'adulte en la capacité de l'enfant d'être acteur de son propre développement et de son éducation. La transgression des règles par les enfants n'y est jamais soumis aux reproches, encore moins aux punitions. Elle est seulement verbalisée par l'adulte, qui indique les conséquences de cette transgression avec douceur. L'adulte montre clairement à l'enfant qu'il a confiance en sa capacité d'entendre et de se remettre en question quand ça a du sens pour lui, mais qu'il lui faut du temps pour intégrer les règles.

En tant qu'anarchiste, je ne peux être que sensible à cette approche. A chacun selon son rythme et ses intérêts personnels ! L'égalité entre éducateur et éduqué se retrouve dans le fait que l'éducateur ne profite pas de son expérience et de la possession d'un savoir pour asseoir un pouvoir sur l'éduqué et fait en fonction de ses demandes, de sa participation, de son rythme d'apprentissage. Au final, ils sont sensés s'apporter et s'influencer l'un et l'autre !

 

L'influence de Loczy dans les mentalités et ses limites

En France, le projet de loi sur la délinquance nous en dit long sur la méfiance que nous entretenons vis à vis de nos enfants. Car même si la loi n'est pas passée, des traces sont présentes dans les mentalités . Le personnel des crèches ou les parents dissimulent souvent mal leur inquiétude face à toutes formes de comportements agressifs, considérés comme laissant présager une future graine de délinquant. Et les diagnostics hâtifs tombent comme un couperet :un enfant de 2 ans peut très vite être catalogué comme futur psychopathe ou hyperactif. Alors qu' il s'agit souvent d'une défaillance de l'adulte qui attend trop de l'enfant ou qui n'a pas été assez à l'écoute de ses besoins et de ses demandes.

La plupart des projets pédagogiques en crèche notamment mettent en avant certains principes éducatifs comme la liberté de mouvements, le respect du rythme de chacun, l'autonomie, la position de l'enfant acteur de son éducation. Pourtant comme pour la déclaration des droits de l'homme, ce ne sont que des déclarations de principes ! La réalité est bien différente sur le terrain. Dans les faits le rapport de domination de l'adulte sur l'enfant demeure ! L'application de ces principes nécessite comme à Loczy, de la part du personnel, un véritable travail de réflexion et de formation en équipe pluridisciplinaire composée de psychologues, pédiatres, éducateurs. Les nurses qui s'occupent directement des enfants bénéficient de temps d'échanges d'observations, et de formation qui sont souvent l'occasion de déconstruire leur propres représentations de l'enfant et de l'éducation, de prendre du recul vis à vis de situations qu'elles rencontrent. Nous n'avons pas ce genre de formation et d'accompagnement dans nos structures . D'autre part, l'application de ces principes nécessite de la part de l'adulte de renoncer à ce qu'il a intégré dans l'enfance, à savoir un certain pouvoir sur l'enfant et un certain contrôle sur ses actes, ses comportements et ses apprentissages. Le « C'est l'adulte qui décide « a encore de beaux jours devant lui ! Et même si l »éducateur» est averti et conscient, il ne doit pas faire l'économie de ce travail de déconstruction.

L'expérience de Loczy constitue aussi une avancée dans la prise en compte de la parole des bébés et des jeunes enfants. Ce peut être un apport pour notre future société anarchiste dans la manière d'envisager la place des personnes dépendantes ( personnes âgées, handicapées...) qui, du fait de leur capacités de communication limitées et de leur faible autonomie, sont souvent dépossédées de leur parole et de leurs idées. Elle peut aussi apporter des réponses quant à la nécessité de garantir leur autonomie et leur liberté d'expression.

Même si Loczy participe à l'évolution des mentalités, c'est aujourd'hui un genre de laboratoire expérimental qui ne représente pas une menace pour le système. Il n' y a aucune volonté des pouvoirs publics de doter les structures de moyens suffisants pour que l'application de ce genre de projet se généralise. Et même si les méthodes utilisées à Loczy étaient étendues à toutes les structures en charge des jeunes enfants, elles demeureraient des îlots de résistance. Elles ne pourraient prétendre seule transformer les rapports humains vers l'égalité tant souhaitée par les anarchistes. La famille, l'école, la publicité, la télé, le salariat.. se chargeraient par la suite de rétablir la docilité, la passivité, nécessaires à la survie de notre société capitaliste. Du coup, changer le système éducatif est une véritable nécessité, mais seule une transformation radicale de la société peut aboutir à l'émancipation totale des personnes.

Muriel (Groupe Gard Vaucluse de la FA)

 

 

Notes

1 - Un film de Bernard Martino (2000 - France - 170 minutes), où le réalisateur retrace le contexte historique, culturel et pédagogique dans lequel cette institution est née.


Date de création : 20/03/2013 @ 18:51
Dernière modification : 26/03/2013 @ 10:10
Catégorie : - 6. Pédagogies et émancipations
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Motion sur l'antisémitisme


Les chiffres des actes antisémites commis en 2018, et révélés par le ministère de l’Intérieur sont effarants. En un an, les actes recensés sont passés de 311 (en 2017) à 541, soit un bond de 74 %. Pour autant, pour nous anarchistes, il ne s’agit pas d’une « résurgence de l’antisémitisme », parce que celui-ci a toujours été présent au cours de l’histoire et se répand de manière exponentielle aujourd’hui, notamment avec les réseaux sociaux.
L’antisémitisme, visant les Juifs, ou supposés tels, en tant que groupe religieux, ethnique ou racial, n’est pas le seul apanage d’une droite extrême ou se voulant "traditionnelle " ou "nationaliste". Il réapparaît plus fort à chaque crispation identitaire.
De tous temps, de nombreux prétextes ont été utilisés pour justifier l’antisémitisme. Mais l’antisémitisme, en tant qu’une des formes politiques du racisme, culmine lors de la Conférence nazie de Wansee, pour définir les modalités administrative, technique et économique, de la "solution finale de la question juive ". L’antisémitisme a également ciblé les Juifs par les purges staliniennes, comme lors du « complot des blouses blanches ».
Après la Seconde guerre mondiale et l’extermination des Juifs, la plupart des militant·es juifs et juives ayant disparu, s'en est donc suivi un silence lourd de conséquence sur la Shoah, y compris dans les rangs des militant·es anarchistes. Est-ce dû au fait que la Shoah nous questionne profondément en tant qu’êtres humains ?
Toujours est-il que, non seulement l’extrême-droite, mais aussi des éléments issus de l’extrême gauche ont commencé à développer des propos et des positions révisionnistes voire négationnistes sur l’existence même du massacre des Juifs… alors qu’il est aujourd’hui acquis par les historien·nes qu’entre 5,5 et 6,5 millions d’entre eux ont disparu durant ce génocide. L’antisionisme est une autre question. Il est donc important de mobiliser toutes nos forces pour combattre tous propos ou actes antisémites et de bien les dissocier de l’antisionisme. L’ignorance de ces faits alimente le négationnisme et le révisionnisme.
Les anarchistes ne traitent pas le nationalisme de l’Etat israélien autrement que n'importe quel nationalisme. L’Etat d’Israël est pour nous un Etat parmi tant d’autres, qui développe aujourd'hui une politique raciste, colonialiste et sous pression religieuse.
Nous continuerons à soutenir les Anarchistes contre le mur en Israël, tout comme les objecteurs·trices israélien·nes, de même nous soutenons la lutte de la population palestinienne opprimée, et ce parce que directement au coeur des combats pour la liberté de chacun·e.
Car nous avons bien conscience que la création de l’Etat israélien confirme la thèse anarchiste que la création d’un Etat ne peut se faire que dans la violence. Nous avons cependant également conscience que, se dire anti-impérialiste ne suffit pas à se prémunir contre l’antisémitisme.
Aussi, en tant qu’anarchistes contre toutes les formes de discriminations et d’oppressions, nous continuerons à lutter contre l’antisémitisme, et à combattre toutes les formes de racisme, notamment à l’encontre des migrant·es, des réfugié·es et des exilé·es, activement dans la rue, mais aussi en renforçant nos moyens de diffusion (le Monde libertaire, Radio libertaire, Editions du Monde libertaire, tracts, conférences, cycles de formation, etc.) par des argumentaires et des recherches historiques.
Le racisme et l’antisémitisme sont des armes de ceux et celles qui cherchent à diviser pour dominer. Nous les combattrons pied à pied.
Fédération anarchiste 78ème Congrès (Amiens juin 2019)


Antimilitarisme en 2019

Motion sur le Service national universel Fédération anarchiste 78éme Congrès (Amiens juin 2019)

NON, le Service national universel ne passera pas!

Dès leur origine, les États se sont construits sur la constitution de forces armées, l'encadrement de leur population et le pillage des peuples environnants.Depuis 1995, les armées françaises ont été engagées dans 106 OPEX (Opérations extérieures) telles«Serval» au Mali et «Barkhane» au Sahel. Mais il y a aussi les «ennemis de l'intérieur», et les OPINT (Opérations intérieures) habituent les populations à côtoyer régulièrement des soldats armés, par exemple avec «Vigipirate» et «Sentinelle». La «fabrique du consentement» de l'État commence par le lavage des jeunes cerveaux: «La culture dedéfense et de sécurité nationale est inscrite dans le socle commun de connaissances et de compétences que les élèves doivent acquérir pendant leur scolarité à l'école, au collège et au lycée», Ministère de l'Éducation nationale, 2015.En 2018, Macron promet «un service national de durée courte, obligatoire et universel encadré par les armées et la Gendarmerie nationale» et nomme un groupe de travail présidé par le général Menaouine, avec pour objectif d'«inculquer aux jeunes la discipline, l'autorité, les priorités stratégiques de la France»,ajoutant que «ce service national servira en cas de crise à disposer d'un réservoir complémentaire de laGarde nationale». Pour rappel, le SNU ou semblant de SNU était proposé par tout l’échiquier politique aux dernières présidentielles. Dès juin 2019, 3000 filles et garçons «volontaires» de 13 départements «pilotes», âgé de 15 à 16 ans sont destinés à être incorporés pendant 1 mois, dont 15 jours encasernés en uniforme, réveillés à 6 H30 avec lever des couleurs et hymne national. Les 180 «encadrants» ont été formés à l'École militaire de Saint-Cyr Coëtquidan.Une deuxième «fournée» de 40000 jeunes est prévue en 2020, avec la perspective d'obliger toute une classe d'âge (800000 adolescents) à suivre 2 séjours de 15 jours autour de 16 ans.Il est également précisé que, jusqu'à 25 ans, «s'il le souhaite, l'appelé pourra poursuivre son engagement en devenant cadet de la Sécurité civile, volontaire dans les Armées, les associations...». Pour une période de 3à 12 mois: endoctriné.e.s pour devenir une main d'œuvre docile, bon marché, sans droits sociaux, ils et elles seraient ainsi préparés à la précarité et d'autre part, l'armée y gagnerait de nouvelles recrues.Depuis Georges Darien envoyé à Biribi pour insoumission, le groupe «Anarchisme et Non-violence»s'opposant à la guerre d'Algérie, Louis Lecoin en grève de la faim pour le droit à l'objection de conscience,les anarchistes se sont toujours battus contre la militarisation des corps et des esprits, symbolisée par les 5 protocoles «Défense – Éducation nationale», depuis les deux premiers, Hernu-Savary en 1982 et Chevènement-Jospin en 1989.C'est dans la continuité de ces luttes que la Fédération anarchiste combat l'importante aggravation que représente le Service national universel.Par l'information auprès des jeunes et des parents, par diverses actions décentralisées, en lien avec associations et syndicats refusant cette vaste entreprise d’embrigadement nationaliste et patriotique, la Fédération anarchiste fera tout pour enterrer le SNU.

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